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LA RELATION FUSIONNELLE THERAPEUTIQUE:

... il est nécessaire que le patient fasse l'expérience de la perte de ses limites, et ce grâce à la présence d'un tiers venu constituer avec lui une nouvelle dyade, réplique de la dyade originelle mère/ enfant. .. P.131

En se préparant à tout quitter, à se séparer d'un univers connu, le sujet est dans la même position que l'enfant qui se prépare à naître.

Il se retrouve en quelque sorte sans limites, débordant de toutes parts sur son « objet-clef » (selon le terme qu'utilise Michel de M'Uzan pour évoquer le nouvel organisme qui se construit entre le malade et la personne sur laquelle il concentre tous ses investissements), et ne trouve son identité que par et dans l'intégrité narcissique de cet « autre » élu.

En nous référant à Bion, et au modèle théorique où il explicite la fameuse fonction alpha de la mère, nous pouvons légitimement penser que cette capacité de rêverie maternelle, qui sert de première psyché au nourrisson, se retrouve dans la dyade malade/bien-portant. En effet, aux tout premiers temps de la vie, la psyché de l'enfant est sans frontières et se confond avec la psyché maternelle ; c'est la période d'indifférenciation originaire caractérisée par le moi et le non-moi ; c'est dans cet espace psychique que naît la psyché de l'enfant, et c'est ce cadre indifférencié de départ qui permet à chacun non seulement de s'individuer, mais encore de pouvoir réaliser une bonne intégration psychosomatique.

Ainsi en va-t-il de ce nouveau corps physique et psychique qui prend naissance à partir de la fusion du « soignant » (entendons ce terme au sens large) et du malade cancéreux. Ce nouvel organisme va se former grâce aux échanges physiques qui auront lieu entre eux deux (soins corporels, maternage, massages, etc.), mais aussi grâce à la communication des deux psyché, une sorte de communication des inconscients qui consiste à alimenter, à restaurer les processus de pensée, de fantasmatisation, la vie spirituelle du patient, toutes choses qui contribuent à favoriser chez lui une capacité de création. . Toutefois, pour que cette restauration d'un corps unifié puisse s'effectuer avec le maximum de chances de réussite, il importe que le soignant soit lui-même suffisamment créateur, et qu'il ait réalisé pour son propre compte une intégration narcissique satisfaisante. C'est même évident, et cela nous renvoie au concept de « mère suffisamment bonne », employé par Winnicott.

. Pourquoi est-il nécessaire au malade de retrouver cet état de fusion originelle, et de reconstituer ainsi une nouvelle dyade sur le modèle de celle qu'il a primitivement connue ?

. le surgissement cancéreux intervient au moment où une relation se trouve rompue ; il s'agit souvent de la rupture jusque-là impensable de la relation fusionnelle qui unissait le patient à un être cher.

Si cette relation, pathogène en soi, puisqu'elle ne souffre aucune rupture, permet tout de même à l'individu de se maintenir en vie jusqu'au moment fatal où la séparation vient forcer cette dyade à s'ouvrir, il convient tout d'abord que le soignant en prenne acte, comme d'un mode de relation vital pour son malade.

Autrement dit, nous ne pourrons dénouer cette pathologie qu'en nous restituant à son lieu même d'origine, dans cette psyché commune entre le patient et l'objet-clef indispensable à sa survie.

Remarquons qu'il s'agit bien là d'un mode de résolution du conflit qui a recours au « paradoxe ». P.133

En effet, la relation fusionnelle elle-même est une relation paradoxale, puisqu'elle permet au sujet de vivre en tant qu'objet pris dans le désir de l'autre, tout en tissant avec lui une relation mortifère !

La différence qui apparaît entre ce mode de relation très répandu dans les familles, et ce qui, ailleurs, donne lieu à une véritable relation psychotique tient en ceci que la personne qui a recours au cancer comme à une protestation somatique contre la brisure fusionnelle qu'elle subit est une personne qui coexiste en tant que sujet et objet ; elle a donc fait l'expérience d'un je suffisamment différencié pour ne pas sombrer dans la psychose. Par ailleurs, il existe un paramètre non négligeable dans les affections cancéreuses : la protection et les liens de dépendance réciproque que ce souci de protection induit généralement.

. c'est aller au lieu même de la pathologie que de recréer avec le malade une nouvelle relation fusionnelle, ou du moins de laisser le patient reporter sur le soignant toutes ses capacités d'investissement affectif. Capacités laissées en suspens par la disparition définitive de l' « autre » aimé, ou si cet autre fait encore partie de l'entourage du patient, c'est la relation même entre eux deux qui a été sérieusement menacée (par une tentative de suicide de l'autre par exemple), au point que la brisure impensable a de toute façon eu lieu, et qu'elle ne peut trouver de réparation suffisante qu'en admettant une tierce personne dans son orbite funèbre.

Cette nouvelle relation sera décisivement thérapeutique, si le soignant est en mesure d'assumer un état de relative a-personnalisation, sans s'inquiéter de préserver son identité propre, ni risquer de se retirer dans un repli narcissique protecteur, mais qui dans tous les cas serait fatal au patient lui-même !

La différence fondamentale qui fait de cette nouvelle relation quelque chose de structurant, alors que le même mode de fonctionnement avait eu un effet pathogène s'inscrit dans la conscience que le soignant a lui-même de cette situation.

Il se trouve pris dans une relation dévorante qui, paradoxalement, ne l'épuise pas, ne l'engloutit pas, puisque lui-même a favorisé délibérément cet état de choses, non par besoin personnel (inconscient ou avoué), mais selon une véritable décision thérapeutique.

Le soignant accepte en quelque sorte d'être le dépositaire du « moi » du patient tout comme il est également le dépositaire de son « non-moi », de ce noyau psychotique initial.

C'est ce noyau primitif qui, déposé chez l'autre, maintient une fusion entre dépositaire et déposant, créant ainsi une symbiose nécessaire au développement ultérieur du moi. Dans une relation symbiotique pathogène, il se trouve que le dépositaire ne permet pas au déposant de se différencier de lui en devenant autonome. Et c'est à la faveur d'un événement traumatique ayant valeur de castration que se voit alors réactivée cette forme de relation pathologique. Ce processus inconscient est suffisamment fort pour être à l'origine de cette altération catastrophique de l'autorégulation du système cellulaire.

Le soignant aura comme spécificité de permettre dans un premier temps qu'une nouvelle symbiose se mette en place entre son patient et lui, mais sa vigilance portera essentiellement sur la résolution de cette symbiose elle-même. Il permet donc au patient de prolonger ce vécu aussi longtemps que nécessaire, pour le réassurer contre tout sentiment de perte objectale, et favoriser une profonde régression des relations objectales en se laissant absorber dans l'espace érotique du patient. Toutefois le développement de cette relation transférentielle régressive n'a d'intérêt que s'il est suivi d'un sevrage progressif et efficace.

Le soignant devra chercher à libérer l'expression créatrice P.135 du malade au cours de cette deuxième phase, en l'aidant à récupérer tout ce non-moi dont lui, soignant, s'est fait le dépositaire

Bienvenu sur notre première application nommé Eros.
Le module Eros est une bonne solution de remplacement à nos gribouillis parfois même de couleur fluo ou rouge dans nos livres qui pourtant nous sont si chère, les rendant ainsi peux partageable.
D'expérience, reformater mes notes sous forme écrite m'est bien plus porteur que de lire et même rechercher le livre ou j'y ai souligné ce que je cherche, celui-ci bien rangé « quelque part ». D'autant qu'il existe pléthore de crayon scanner qui font cela très bien pour nous.


Cette application a été développée en Oxygene pour dot net 4.0 en tant que module de NorpaNetl sous l'excellente base de données FirebirdSQL 2.5.2 par Tetrasys


Eros  est, actuellement, en lecture seul. Dans les futurs évolutions, les utilisateurs authentifié sur adhes.net pourront y partager (s'ils le désir) eux-mêmes leur notes. En attendant, il vous est toujours possible de me faire parvenir votre matériel sous format Excel ou autre, je me ferai un plaisir de les y encoder.