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SYMBOLISME DU FUSEAU:

Le fuseau, lui, est un symbole à la fois féminin et phallique.

Dans l'Allemagne médiévale, on parlait de la « parenté de fuseau » pour désigner la famille maternelle. C'était aussi l'emblème de Sainte Gertrude qui avait la plupart des qualités des déesses-mères pré-chrétiennes, telles que Freya, Hulda, Perchta, et d'autres. Le fuseau est aussi le symbole des vieilles femmes sages et des sorcières.

Le lin qu'elle file est également relié aux activités féminines. Il était généralement planté par les femmes et dans beaucoup de pays les femmes avaient l'habitude d'exposer leurs organes génitaux au lin en croissance en disant : « Je te prie de pousser aussi haut que se trouve mon sexe maintenant. » Semailles, filature et tissage du lin sont donc liés à l'essence de la vie féminine, avec ses implications de sexualité et de fertilité.

... les thèmes de fils et de tissages apparaissent souvent dans les rêves de femmes enceintes et ceux précédant immédiatement ou suivant la naissance.

Une future mère rêvait que de nombreuses femmes l'emmenaient sur un bateau, bien qu'elle réclamât son mari. Une femme très positive se présenta alors et lui montra une étoffe de soie, lui expliquant comment elle avait été réalisée, les fils en tant tissés de façon à produire un effet moiré et multicolore. La rêveuse sentit que c'était très numineux. Alors deux jeunes femmes, des jumelles, l'entraînèrent par la main vers la partie supérieure du bateau. Un complexe mère négatif faisait que cette femme avait quelque difficulté à accepter d'être mère, aussi l'inconscient lui proposait-il un modèle positif tendant à lui faire retrouver sa féminité et, de ce fait, son instinct maternel.

Ce motif du tissu de couleur changeante composé d'une multitude de fils est lié au chatoiement de l'imaginaire concernant la future maternité.

Le mystère entourant le fait de donner la vie est fondamentalement associé à l'idée de filage et de tissage, activités féminines complexes consistant à assembler des éléments naturels dans un certain ordre. L'analogie biologique qui s'impose à notre esprit est que chaque enfant est le résultat de l'arrangement, suivant des modèles déterminés, des facteurs héréditaires de Mendel. Nous savons que chaque être humain est un facteur complexe que nous pourrions décrire comme une toile tissée de toutes les unités ancestrales, tant biologiques que psychologiques, dont il est formé. .

Le mystère concernant la façon dont un enfant devient un tout à partir de modèles psychologiques et physiques hérités est figuré par le tissage. Un enfant de quatre ans demanda un jour à sa grand-mère : « Qui m'a mis ensemble ? »

A cette ouvre immense, la femme ne contribue pas consciemment, mais avec son être tout entier, et à travers sa substance totale, aussi bien biologique que psychique. II semble qu'il est extrêmement important et même essentiel pour l'enfant que les phantasmes de la femme enceinte se concentrent dès les premiers P.85 mois sur l'enfant.

Je dirais que si une mère pense beaucoup à l'enfant à venir, prie et a des imaginations à son sujet, c'est-à-dire, « file » et « tisse » pour lui, cette activité mentale prépare la terre nourricière où il naîtra.

L'attention de la mère qui tourne naturellement autour du mystère de l'enfant à naître et s'émerveille à son sujet, influence son sentiment à son égard et lui offre un sein bienveillant.

La femme au rêve de l'étoffe de couleurs chatoyantes exerce une profession. Elle est très fière de pouvoir avoir son enfant « incidemment », en travaillant jusqu'à la fin. Elle est satisfaite de sa bonne santé et de la vie qu'elle mène, c'est une personne très active, mais je pense que, d'une certaine façon, elle néglige intérieurement l'enfant. A cause de son complexe-mère négatif, elle n'a pas senti spontanément qu'elle devait « tisser » son enfant à l'aide de ses imaginations et de ses espérances, c'est pourquoi ce rêve lui disait quelle devait être son attitude psychique juste.

D'une part, toute personne qui a tricoté, exécuté un tissage ou une broderie sait quel effet bienfaisant ceci peut avoir, car on peut rester tranquille et paresser sans se sentir coupable, et filer ses propres pensées tout en travaillant. On peut se détendre, laisser courir son imagination, puis se lever avec le sentiment d'avoir fait quelque chose !

Ce travail exerce aussi la patience, ce qui, pour un tempérament « animus », est tout à fait utile . C'est une occupation éducative, qui, de plus, aide la nature féminine à s'exprimer... Mais on peut en abuser, comme de toutes les activités. .

Quand tricoter, filer la laine ou tisser est décrit dans un conte comme négatif, on peut penser que la femme est en train de « filer » une intrigue quelconque. Le phantasme de désir est alors tissé en mauvaise toile de sorcière.

Si le contexte mythologique du rêve ou du conte de fées rattache cette activité à la vie volontaire et consciente, cela indique une façon de comploter au plan matériel à l'aide d'associations et d'émotions, activité interne typique de la femme ou de l'anima. ...

Une des tâches de la femme est de créer une certaine atmosphère autour d'elle, car elle est en grande partie responsable de l'ambiance du foyer. Celle-ci dépend de la tonalité de son sentiment et de ses phantasmes au sujet de sa famille. Si ce sentiment est correct, elle peut entretenir l'attitude et l'adaptation justes. Si une épouse a confiance en son mari et en ses enfants sans les surestimer pour autant, le climat sera favorable et les siens désireront mériter cette confiance. Avoir foi dans sa famille et nourrir des espoirs pour elle est un des rôles de l'attitude maternelle et invite à y répondre. Rien n'est plus difficile pour un enfant que de sentir qu'on n'a pas confiance en lui ... Mais inversement, certaines femmes pensent que leur enfant est un héros, un génie, un sauveur, un Christ, ou une princesse et une Vierge Marie, ce qui détruit également l'enfant. Le phantasme du héros-sauveur chez les mères est très souvent la raison profonde de la destruction de leur fils, car cela affecte celui-ci.

La mère doit filer la juste sorte de phantasme sans surestimer ni sous-estimer l'enfant, le gardant correctement en son esprit et en son cour, de sorte qu'il puisse suivre son propre chemin.

On parle de pédagogie, de prévenir les complexes ou de l'âge où il convient de mettre l'enfant sur le pot, comme si les P.87 règles extérieures primaient. Nous avons tendance à ne pas voir que l'imagination et le sentiment de la mère sont ce qui importe le plus. Les femmes savent généralement très bien que si l'enfant est malade, c'est parce que la mère est perturbée. .. pendant que l'enfant est encore dans le sein de sa mère, ce qui arrive à la mère et son état d'esprit peuvent influer sur son développement. P.87

Ces fondations invisibles ont beaucoup d'importance dans la création de la situation vitale future.

Naturellement, on peut en dire autant de l'anima du père, dont l'éros négligé peut détruire l'enfant - de sorte que l'attitude du père vis-à-vis de la future mère et de la naissance à venir est évidemment primordiale.

En Inde, où il existe de fortes tendances matriarcales, l'enfant est regardé comme une âme réincarnée, et les fils de son existence sont ceux des générations. On pense que tous les êtres font partie d'un même tissu de nature divine. Comme les fils de la trame passent maintes et maintes fois, le fil apparaissant et disparaissant, les êtres humains vont et viennent et toujours un fil éternel les traverse au cours des réincarnations. .

c'est ainsi qu'on y interprète le fait que des modèles psychiques se répètent. En Occident, nous nous considérons plutôt comme des unités isolées, bien que nous parlions, au figuré, de la « chaîne des générations ».

Plus tard, la façon dont les phantasmes inconscients du père affectent ses filles est une évidence quand l'homme qui ne vient pas à bout de son problème d'anima reporte ses imaginations sur elles ; en espérant qu'elles vivront ce qu'il n'a pas vécu et en nourrissant à leur égard des désirs incestueux inconscients, il perturbe leur développement naturel.

Un homme s'étant marié très tard, à cause de son complexe-mère, transforma à son tour sa femme en mère. Quand il eut environ cinquante ans, il devint très instable et eut de nombreux phantasmes sexuels, encore que, en « parfait gentleman », il ne les rendît pas conscients. Un cauchemar revenait périodiquement dans lequel il voyait une de ses filles sous un réverbère, attendant les hommes comme une prostituée. Tout son problème d'éros était projeté sur ses filles. L'une s'enfuit, mena une vie déréglée, tomba malade et mourut. La seconde, pendant quelque temps, fit de même et la troisième devint très prude. Toutes avaient un problème non réglé concernant l'amour et le sexe, dû au filage et au tissage des phantasmes de l'anima du père qu'il n'avait jamais assumés et regardés en face. II les avait légués à la génération suivante et ses filles en supportèrent les conséquences.

Le fuseau, instrument d'une activité essentiellement féminine, est aussi, par sa forme, un objet de caractère phallique. C'est ce qui tournoie et autour de quoi tout pivote.

Platon, dans le Timée, compare le monde à un fuseau, axe autour duquel le cosmos tout entier effectue ses révolutions.

Dans beaucoup de récits folkloriques revient le thème des aiguilles ou des épines que les magiciens ou les magiciennes, les sorciers et les sorcières piquent dans la tête, l'oil ou derrière l'oreille, ou encore dans le doigt de leur victime, provoquant le sommeil ou la mort.

Psychologiquement, une parole piquante peut effectivement tuer.

La remarque mordante constitue l'agressivité habituelle des femmes aussi bien que de l'anima. Les femmes ne claquent généralement pas les portes ni ne profèrent de jurons, mais elles lancent quelque remarque subtile, douce et pointue ; c'est la blessure de la sorcière qui atteint précisément le point faible de l'autre.

Il y a dans l'esprit naturel féminin bien des aspects positifs. L'esprit de la femme a l'avantage d'être capable de voir les choses avec réalisme. ex; face au romantisme des ados: "les enfants aller faire vos lit" ; les ramenant ainsi à la réalité.

Mais l'esprit de nature, dans sa lucidité, peut P.89 aussi toucher les complexes de façon destructrice. Ce mauvais usage est très courant chez les femmes et c'est ce qui arrive ici - l'aspect négatif de la mère nature atteint la fillette et l'endort, tandis que ses parents, eux, sont « absents ».

Le fuseau est particulièrement dangereux quand on le tourne contre soi-même : comme il ne se manifeste pas à l'extérieur, il ne peut être appréhendé. Insidieusement, sans que celle qui en est victime s'en rende compte, il la détruit. C'est ainsi que l'on entend fréquemment des femmes dire : « J'ai toujours pensé que je ne me marierais jamais », ou encore : « J'étais stupide, aussi n'ai-je jamais rien réussi dans la vie. » Lorsqu'on leur demande : « Qu'est-ce qui vous fait penser ainsi ? », la réponse est : « Je ne sais pas. »

Cette conviction autodestructrice, ayant été acquise dans la prime enfance, est acceptée comme allant de soi et n'a, par conséquent, jamais fait l'objet d'une critique personnelle, ni d'une discussion avec autrui, ni même été exprimée d'une façon ou d'une autre, sinon par des malaises et des traits de comportement : apathie, manque d'entrain et de joie de vivre, échecs répétés, etc.

Si la mère elle-même ne se reconnaît pas de valeur en tant que femme, elle transmettra involontairement cette conviction intime à sa petite fille. Au fur et à mesure que celle-ci grandira, elle se rendra compte de ces inhibitions qu'elle prendra pour des lacunes personnelles et, les échecs et les jugements d'autrui venant renforcer la mauvaise opinion qu'elle a d'elle-même, elle perdra le peu qu'elle pouvait avoir de confiance en soi. A partir de là, tout développement intérieur, avec ce qu'il comporte de possibilités créatrices et d'autoréalisation s'éteint, comme s'endort la princesse après s'être piquée.

Tout ce que l'on peut discerner chez de telles personnes parvenues à l'âge adulte, c'est que quelque chose est arrêté en elles.

Elles semblent vivre en léthargie et se traîner sous un astre maléfique, sans que l'on sache pourquoi ...

Ce genre de femmes se retrouve un beau jour dans une impasse pareille à celle qui surgit dans le conte. D'après celui-ci l'impasse est due à un complexe-mère, plus exactement à l'animus négatif maternel, car la vieille fileuse est une sorte de mère ou de grand-mère, et le fuseau représente l'animus (le phallus) de la mère.

Si nous l'envisageons à présent sur le plan collectif qui est celui du conte, ce thème du sommeil de la princesse nous ramène au fait que certains facteurs de la vie psychique féminine ont été refoulés par une censure consciente. Dans notre civilisation, un des présupposés le plus largement répandus - plutôt relégué à l'arrière-plan de l'esprit que véritablement inconscient est le rapport traditionnellement établi entre le bien, l'activité, l'esprit et l'homme d'une part, et le mal, la passivité, la matière et la femme d'autre part. P.93

Bienvenu sur notre première application nommé Eros.
Le module Eros est une bonne solution de remplacement à nos gribouillis parfois même de couleur fluo ou rouge dans nos livres qui pourtant nous sont si chère, les rendant ainsi peux partageable.
D'expérience, reformater mes notes sous forme écrite m'est bien plus porteur que de lire et même rechercher le livre ou j'y ai souligné ce que je cherche, celui-ci bien rangé « quelque part ». D'autant qu'il existe pléthore de crayon scanner qui font cela très bien pour nous.


Cette application a été développée en Oxygene pour dot net 4.0 en tant que module de NorpaNetl sous l'excellente base de données FirebirdSQL 2.5.2 par Tetrasys


Eros  est, actuellement, en lecture seul. Dans les futurs évolutions, les utilisateurs authentifié sur adhes.net pourront y partager (s'ils le désir) eux-mêmes leur notes. En attendant, il vous est toujours possible de me faire parvenir votre matériel sous format Excel ou autre, je me ferai un plaisir de les y encoder.