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LE SYMBOLISME DE LA MAISON

. un exemple d'un des symboles les plus lisibles et les plus riches, celui de la maison : « On ne peut pas écrire l'histoire de l'inconscient humain sans écrire une histoire de la maison.» (Bachelard)

L'investigation freudienne n'a pas eu de peine à déceler, d'abord, dans la maison une représentation du corps humain. N'est-elle pas à l'origine, comme un renforcement, un redoublement de celui-ci ? « L'escargot porte sa maison» ; c'est une coquille ; l'homme se construit une coquille ; c'est sa maison. Dès qu'elle se différencie dans ses parties, dans ses pièces, celles-ci ( cuisine, chambre à coucher, etc.) correspondent assez fidèlement à quelques fonctions essentielles de l'organisme, pour faire figure d'organes. L'imagination, engagée dans cette voie, continue assez naturellement P.191 : les fenêtres ne sont elles pas des yeux, les longs corridors des intestins ? Les orifices semblent retenir particulièrement l'attention, surtout celle de l'enfant. Tel sujet, dominé par un complexe anal, .. modifie le plan de la maison, en mettant l'entrée à la place des toilettes. . cette petite fille, préoccupée à ce moment par les mystères physiologiques de la naissance, et qui était très inquiète de savoir si l'ange qui avait apporté la petite sour était entré dans la maison par devant ou par derrière. .. Psychanalyse de Victor Hugo .. les Travailleurs de la mer, les spéculations des trois garçons sur cette fantastique « maison visionnée », avec ses deux façades, ses fenêtres tantôt allumées tantôt éteintes, transposent des préoccupations du même ordre, aggravées d'une angoisse devant ce mystère premier. .. symbolisme .. coutumes du folklore, comme celles de ces noces berrichonnes, que nous a contées George Sand : la mariée avec ses demoiselles d'honneur retranchée dans la maison barricadée, que le marié, avec les garçons, doivent soumettre à un siège en règle.

« Coquille » disions-nous. Cette image nous plaçait d'emblée au cour du symbole. Car la maison, c'est d'abord l'abri, le refuge. Si l'on combine ces images avec celle du corps humain, que nous avons d'abord dégagée, on arrive très vite à la représentation du corps maternel, et plus largement à celle de la mère, considérée comme le refuge par excellence. La maison a ici un point d'insertion dans un des « systèmes symboliques » les plus connus, celui du « sein maternel », où elle se rencontre avec d'autres images familières comme la niche, la toison, et précisément la coquille, et aussi avec des idées plus abstraites comme celles de solitude ou de vie intérieure. (Le rapport entre mère ou maman et maison est, en français, rendu plus étroit encore par le début « mai » de ce dernier mot.)

Certains sujets, anormalement sédentaires et calfeutrés, doivent se comportement à une nostalgie inconsciente de la mère, et peuvent le corriger par une prise de conscience du symbole.

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Dans la mesure où le sujet prend conscience de son moi, c'est encore la maison qu'il trouve sous sa main comme une des figurations les plus simples de cette notion. Faut-il s'en étonner ? La notion du moi ne surgit pas ex abrupto, mais elle se dégage peu à peu des deux précédentes : celle de la mère, avec laquelle l'enfant s'est senti longtemps exister dans une sorte de symbiose progressivement plus lâche, et celle du corps propre, duquel l'être demeuré fruste ne consent pas à s'abstraire : « Oui, mon corps est moi-même. » dit le bonhomme Chrysale.

Cependant le moi est chose plus complexe, et l'homme qui commence à réfléchir sur lui-même en prend conscience. . Le sujet sent que la personnalité est une chose qui se construit, s'aménage, et il exprime volontiers cela dans ses rêves par des images de maison « en réparation, en reconstruction, - comme d'autres fois par des images de vêtements qu'il achète, qu'il fait réparer, qu 'il essaie. Toutefois, il est probable qu'il choisira plutôt ces dernières images s'il est préoccupé surtout de son personnage social, - la persona dans le langage de C. G. Jung - de l'aspect qu'il entend revêtir aux yeux des autres, tandis qu'il préférera parler de maison et de construction dans les moments où il s'attache plutôt à son être intime qu'à son paraître.

Il se souviendra aussi que son être, comme la maison, se compose d'étages ; il essaiera, à travers des tâtonnements, de se situer à la juste hauteur. Tantôt il se verra juché inconfortablement dans les étages supérieurs, parfois en éprouvera du vertige, et sentira cette nécessité, bien décrite par Adler, de « descendre de sa hauteur », cette hauteur en vérité illusoire qui était un autre nom de sa névrose, ou de son « angélisme », de son évasion des humbles et substantielles vérités, avec lesquelles il lui importe de se réconcilier. . Tantôt au contraire, il figurera par la montée d'étage en étage un juste souci d'ascension morale.

Les régions inhabitées ou obscures de la maison - les caves, les greniers, les réduits - sont une figuration fréquente de cet « inconscient » redoutable dont l'homme, dès l'enfance, sent confusément la présence et la menace. P.193

C'est dans « notre maison » c'est en nous, et pourtant ce n'est plus nous ; c'est envahi par l'inconnu, par les ténèbres, par les fantômes. Au cours de l'analyse, les rêves expriment volontiers par des incursions dans ces régions mystérieuses l'investigation même à travers l'inconscient, dont il importe d'explorer les secrets et les enfantines et primitives terreurs. .

Si nous nous attachons enfin à cette recherche .. de l'unité personnelle qu'on peut appeler la réalisation spirituelle - et dont Jung désigne l'objet par le terme du soi opposé au moi empirique - nous voyons que la maison encore et sa construction, fournissent à cette quête certains de ses symboles.

. une femme qui, arrivée à la « seconde partie de la vie » se trouve au moment de vivre l'expérience spirituelle de détachement à l'égard de son individu périssable et de transporter le centre de gravité de son être dans une région plus sûre : elle rêve que sa maison brûle ; puis, en approchant, elle voit que c'est une maison qui n'est pas la sienne, et, à la fin du rêve : « ce n'est la maison de personne qui a brûlé.

L'Évangile parle de la maison construite sur le sable et de la maison construite sur le roc. II parle aussi de la pierre dédaignée, qui est appelée à devenir la pierre angulaire de la construction. Et celle-ci n'est pas sans rapports avec la pierre philosophale des alchimistes .

La maison se trouve ainsi exprimer, sur tous les plans, une idée fondamentale, qu'on peut traduire approximativement par les mots d'intimité, d'intériorité, mais qui en diverses hauteurs, rend des harmoniques aussi fort diverses, bien qu'intelligiblement liées entre elles.

II est bon à l'homme de vivre parmi ses propres images, parmi « la forêt de symboles » dont parle Baudelaire. Cet accord de l'objet sensible avec l'idée, l'un reflétant l'autre, crée une harmonie dont le bienfait est apparenté à celui des arts et dont l'effet est de conserver une saveur à la vie. Aussi est-il bon à l'homme d'avoir une maison et qui fasse valoir ses significations symboliques. Pour cela, il faut une maison à la « taille de l'homme ». C'est l'occasion de se demander si l'habitation qui lui est trop souvent proposée ou imposée par le monde moderne satisfait à ces conditions. Il est permis d'en douter, et de douter aussi que la technique pure puisse obvier au désaccord. Bien plus, elle peut l'aggraver, si elle méconnaît les exigences de la psychologie. Celle-ci aspire à un « confort » tout autre que celui auquel on a prostitué ce nom, et autrement essentiel. .

Il paraît que les vaches deviennent neurasthéniques dans certaines étables modernes . et je ne vois pas pourquoi l'homme ne le deviendrait pas dans certaines habitations qu'on lui fabrique. Aussi bien, il les fuit dès qu'il peut, et il fait du camping . P.195

Bienvenu sur notre première application nommé Eros.
Le module Eros est une bonne solution de remplacement à nos gribouillis parfois même de couleur fluo ou rouge dans nos livres qui pourtant nous sont si chère, les rendant ainsi peux partageable.
D'expérience, reformater mes notes sous forme écrite m'est bien plus porteur que de lire et même rechercher le livre ou j'y ai souligné ce que je cherche, celui-ci bien rangé « quelque part ». D'autant qu'il existe pléthore de crayon scanner qui font cela très bien pour nous.


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