Terme à rechercher
Page 54 de 87 << < 30 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 > >>

MALEDICTION

Notre héroïne est donc victime de la malédiction due à la colère de la déesse et à ses sentiments blessés.

Dans une variante, l'héroïne n'est pas maudite par une déesse, mais par un prétendant déplaisant qu'elle a repoussé. Pour se venger, celui-ci, qui est magicien, lui jette un sort et l'endort pour cent ans. L'événement a donc lieu plus tard dans sa vie.

C'est là une version plus complexe qui introduit le problème de l'animus. Le prétendant malheureux qui maudit la jeune fille est une figure semi-divine et nous ramène au cas du malheur immérité, car personne ne peut avoir la présomption de prétendre qu'elle aurait dû l'épouser. Bien qu'ayant l'attitude juste, elle encourt une malédiction. On ne peut pas prétendre non plus que cet homme déplaisant vient à elle pour compenser ses qualités ! Une femme dont la blancheur est excessive attirera probablement l'aspect contraire et il se peut qu'il lui soit demandé d'accepter cet aspect d'ombre d'une façon ou d'une autre, mais le conte ne dit pas que la jeune fille soit trop bonne, il affirme seulement qu'elle est belle et séduisante. .

D'autre part un comportement instinctif juste peut se heurter au comportement collectif ; les névroses collectives existent.

Un milieu, une famille entière ou une société peut être névrotique ; quand il y naît un enfant qui, par la grâce de Dieu, a une nature saine, au lieu de s'adapter à la névrose collective, il lui résiste.

Prenons le cas d'une mère de famille atteinte de psychose ; .. elle n'aura pas nécessairement des enfants psychotiques ! . un enfant né d'une mère psychotique lui sera allergique et réagira de façon négative à la maladie de sa mère. Haïr sa mère est une réaction instinctive saine en pareil cas.

Il y a là une tragédie authentique qui se produit chaque fois que la nature P.69 saine se heurte à une attitude névrotique : un comportement instinctif juste est la cause d'un malheur immérité. C'est le sujet d'un nombre infini de thèmes héroïques.

Ce qui est pathologique hait ce qui est sain, et ce qui est sain répugne à ce qui est pathologique et le hait également, tout comme les animaux attaquent celui qui est malade.

Un enfant normal qui naît dans un entourage pathologique ne pourra pas soutenir qu'il a raison et que les autres ont tort, car son entourage dira que c'est lui qui est malade, qu'il est névrosé ou psychotique ; c'est là le drame inévitable de bien des vies d'enfants, puis d'adultes. Il suffit alors parfois de dire, lors d'une analyse : « C'est vous qui aviez raison, pourquoi en doutez-vous ? » pour amener la personne il reprendre confiance en elle-même.

Parfois, on doit soutenir un être contre la pression de toute notre société, ce qui arrive, par exemple, dans le cas d'un artiste ou d'une personne très introvertie que tout pousse dans nos collectivités à s'extravertir, à se trahir elle-même.

Dans un couple, si l'un des conjoints est névrosé et souffre de refoulements, il accusera sans cesse son conjoint.

S'il est, par exemple, affligé d'une perversion sexuelle et qu'il veuille forcer l'autre à y participer alors que ce dernier s'y refuse, le premier accusera le second de manquer d'amour ou de ne pas être « libéré », mais celui-ci n'en restera pas moins écouré. Lequel est névrosé ? Chacun accuse indéfiniment l'autre et il est parfois très difficile de découvrir ce qu'il en est.

Je me souviens d'un cas où une femme avait de terribles symptômes hystériques qui n'apparaissaient qu'en présence de son mari ; elle était tout à fait normale tant qu'elle se trouvait hors de chez elle. Au cours de l'analyse, on découvrit que l'homme était totalement englouti dans un complexe maternel : en ce qui concernait le sentiment, l'amour et l'affection, il ne s'était jamais marié. Lorsqu'ils eurent atteint, lui soixante-sept ans, et elle soixante-deux, il se demandait encore, dans ses lettres à sa mère, s'il ne devait pas divorcer. Alors qu'ils étaient devenus grands-parents, le mari n'avait pas encore décidé s'il devait dire oui ou non à son épouse ! Chaque fois qu'elle rentrait chez elle, elle était prise de nausées : c'était en fait une réaction normale et un excellent signe ; sa nature saine « vomissait » une pareille ambiance.

Bien entendu, on peut se demander pourquoi elle avait choisi d'épouser un tel homme. Il arrive néanmoins que des êtres soient tombés dans le malheur sans en être en rien responsables - vérité importante dont il est bon que se souviennent tout particulièrement ceux qui auraient tendance à avoir, consciemment ou non, une attitude moralisatrice au sujet des névroses ou des « problèmes » des autres.

Dans la pratique, on peut être amené à dire à une personne : « Vos réactions, considérées par votre entourage (et peut être aussi par ceux que vous avez consultés) comme des symptômes névrotiques, quoique gênantes, sont tout à fait normales : votre nature se révolte ou se décourage devant certaines conditions de vie. Ce n'est pas vous qui êtes malade, mais le milieu familial, professionnel ou social où vous êtes plongé. Nous allons travailler à retrouver vos forces et voir comment et dans quelle mesure vous pouvez changer vos conditions de vie .."

Il ne faut pas oublier que notre société urbaine, technique et unilatérale est, par bien des côtés, tout entière schizophrène, et que, bien souvent, ce n'est pas l'individu qui est malade, mais bien l'ensemble d'une civilisation qui ignore délibérément les besoins les plus évidents et les plus naturels de l'âme humaine.

Au début du nazisme, il arriva à plusieurs reprises que des Allemands me demandent en quoi ils étaient déséquilibrés, car, tout en se sentant de la répugnance pour le mouvement et incapables d'y adhérer, être si différents des autres les faisait douter de leur propre santé mentale. Ceux qui s'en tenaient à leur sentiment ainsi qu'à leurs réactions instinctives et qui, au sens le plus élevé, demeuraient sains et dans la voie juste étaient cependant pris de doute et ressentaient une grande détresse morale : ils étaient marqués et contaminés malgré eux par la psychose collective montante.

L'homme P.71 est, en grande partie, un animal grégaire. Etre isolé de ses semblables est pour lui un facteur d'angoisse. Il faut donc être très lucide et avoir un grand courage pour rester fermement attaché à ce que l'on sent être vrai et juste, si cela est contraire à l'opinion courante ; l'isolement qui découle de ce type de situation fait que l'être est tenté de douter de son propre jugement. C'est là un exemple de situation où non seulement le malheur, mais l'angoisse et le doute s'abattent sur des individus qui ne sont ni fautifs, ni névrosés.

Considérons à présent la question de la malédiction qui pèse sur un individu innocent sous un angle différent.

Beaucoup de contes débutent par le thème du prince, ou du marchand ou d'un autre personnage qui traverse la mer, ou pénètre dans une forêt, et qui est arrêté par un esprit malfaisant - un chien noir, ou le diable en personne - qui ne le laisse passer que contre la promesse qu'il lui sera donné le premier objet que le voyageur rencontrera en rentrant chez lui. Parfois, .. c'est un homme tombé dans la misère à qui le Diable procure la richesse sous la même condition. L'homme, croyant qu'il s'agit de son chien ou de quelque être qu'il est prêt à sacrifier, retourne dans sa maison ; son enfant accourt vers lui et il s'aperçoit qu'il l'a vendu au Diable. Cet enfant se révélera être le héros ou l'héroïne du conte dont la tâche principale sera de se libérer seul du sort qui pèse sur lui.

Que, dans ce type de conte, le roi, le marchand ou le meunier agisse contre la vie signifie que l'attitude consciente collective s'est enlisée et que l'énergie vitale ne peut plus s'irriguer normalement.

Dans un cas semblable, un renouvellement ne peut se produire qu'à travers un dialogue avec le principe opposé et ce qui a été refoulé par la mentalité collective et considéré le mal (le Diable), ou quoi que ce soit qui était exclu jusque-là.

Le Diable personnifie le principe qui entrave le progrès et qui cherche à supprimer toute évolution future (l'enfant) et à s'assurer que la vie continuera dans les vieilles ornières.

Dans le tas d'un individu, cela correspondrait à une situation dans laquelle il se sent comme piégé : ne pouvant plus poursuivre dans la même voie, il est acculé à entrer en relation avec l'inconscient d'une façon ou d'une autre et à envisager de conduire sa vie suivant de nouvelles normes.

Inévitablement, les conditions du Diable sont tout aussi extrêmes et unilatérales que ce qui existait auparavant, et lui céder reviendrait à provoquer un retournement des valeurs, aussi la tâche de l'enfant est-elle de se libérer en dépassant les opposés.

...

Un conte de fées qui commence ainsi par une confrontation avec le « Diable » indique donc la nécessité d'un changement et d'une prise en considération de l'attitude opposée à celle qui fut suivie jusque-là.

Si l'on rapproche ce thème de l'histoire de La Belle au Bois dormant, nous P.73 voyons que .. une grenouille s'adresse aux parents qui n'ont pas d'enfants et dont le royaume n'est plus fertile depuis longtemps. Loin de menacer, comme le Diable, de dérober l'enfant, la grenouille lui permet de naître. La tension n'est pas aussi grande que dans le premier cas ; l'inconscient propose la possibilité de continuer à vivre sans qu'aucune condition déterminée soit posée ; il offre un nouvel essor à l'attitude consciente déjà existante. Il faut cependant nous attendre, et c'est ce que nous dit l'histoire, à ce qu'un paiement soit exigé ; les demandes de l'ombre s'imposeront, comme elles le font au baptême de la petite princesse. Alors le côté noir de la nature apparaît pour revendiquer ses droits sur l'enfant. P.74

Bienvenu sur notre première application nommé Eros.
Le module Eros est une bonne solution de remplacement à nos gribouillis parfois même de couleur fluo ou rouge dans nos livres qui pourtant nous sont si chère, les rendant ainsi peux partageable.
D'expérience, reformater mes notes sous forme écrite m'est bien plus porteur que de lire et même rechercher le livre ou j'y ai souligné ce que je cherche, celui-ci bien rangé « quelque part ». D'autant qu'il existe pléthore de crayon scanner qui font cela très bien pour nous.


Cette application a été développée en Oxygene pour dot net 4.0 en tant que module de NorpaNetl sous l'excellente base de données FirebirdSQL 2.5.2 par Tetrasys


Eros  est, actuellement, en lecture seul. Dans les futurs évolutions, les utilisateurs authentifié sur adhes.net pourront y partager (s'ils le désir) eux-mêmes leur notes. En attendant, il vous est toujours possible de me faire parvenir votre matériel sous format Excel ou autre, je me ferai un plaisir de les y encoder.