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EXTRAVERSION/ INTROVERSION:

L'introversion, chez un sujet normal, s'exprime par un naturel réservé, méditatif, facilement hésitant, qui ne se livre pas volontiers, se dérobe aisément devant les objets, se trouvent toujours quelque peu sur la défensive et se retranche avec prédilection derrière une attitude d'observation un rien méfiante.

L'extraversion, chez un sujet normal, s'exprime par un naturel prévenant, en apparence ouvert et obligeant, qui se plie aisément à toutes les situations nouvelles, qui se fait rapidement de nouvelles relations, et qui se lance souvent dans l'inconnu, sans souci et en confiance, écartant délibérément P.85 les objections qui peuvent venir à l'esprit.

Chez l'introverti c'est le sujet qui joue le rôle décisif, chez l'extraverti c'est l'objet.

. ces deux attitudes typique se rencontrent rarement à l'état pur. Elles comportent d'innombrables variations et compensations, de sorte que dans la pratique c'est loin d'être chose aisée que d'établir le type d'un sujet. Les raisons de ces variations ? Abstraction faite de nuances individuelles, elles sont dues à la prédominance d'une des fonctions conscientes comme la pensée ou le sentiment, ce qui confère un cachet particulier à l'attitude de base. Quant aux compensations, elles reposent en général sur des expériences vécues qui ont appris au sujet, souvent de façon fort douloureuse, qu'il ne faut pas trop lâcher les rênes à son naturel spontané. Dans d'autres cas, par exemple chez les névrosés, il est fréquent qu'on ne puisse discerner s'il s'agit d'une attitude consciente ou inconsciente puisque, à cause de la dissociation de la personnalité, c'est tantôt telle moitié et tantôt telle autre qui se manifeste, rendant un jugement délicat. C'est d'ailleurs pour un motif analogue que la vie en commun avec les personnages névrosés est si difficile.

.. j'ai décrit huit groupes .. ( Ces huit groupes naturellement ne prétendent nullement appréhender tous les types que l'on peut rencontrer. Comme autres critères de différenciation on peut citer : l'âge, le sexe, l'activité, l'émotivité, le niveau de développement. J'ai pris comme fondement des types que j'ai décrits les quatre fonctions qui président à l'orientation de la conscience, à savoir : la sensation, la pensée, le sentiment et l'intuition.) P.86

Des recherches historiques m'ont montré qu'un bon nombre des grandes controverses intellectuelles qui ont agité l'histoire sont fondées sur l'opposition des deux types. (introverti/extraverti). (« les cours tendres, les esprits forts » de W. James) Le cas le plus important de ce genre fut l'opposition entre le nominalisme et le réalisme . Abélard osa tenter la conciliation des deux points de vue de opposés. Cette querelle se perpétue jusqu'à nos jours, où elle se révèle dans l'opposition entre spiritualisme et matérialisme. Tout comme l'histoire générale de l'esprit humain, chaque individu participe à ce contraste des types. .. les représentants des deux types ont une grande propension à s'unir par le mariage, et cela sans qu'ils en aient conscience, pour se compléter réciproquement. La nature réfléchie de l'introverti l'incite constamment à peser et à méditer le pour et le contre avant d'agir. Son action naturellement en est d'autant ralentie. Sa timidité effarouchée et sa défiance à l'égard des objets l'induisent toujours à hésiter et ainsi l'adaptation au monde extérieur lui offre toujours des difficultés. A l'inverse, l'extraverti a des rapports positifs avec le monde des choses, qui, pour ainsi dire, l'attire. Les situations nouvelles, inconnues le tentent, le séduisent. Pour faire connaissance avec quelque chose de nouveau, il y saute volontiers à pieds joints. Il agit d'abord, en général, et ne réfléchit qu'ensuite à ce qu'il fait. De la sorte ses actes sont rapides et ne sont pas soumis à des hésitations ou à des tergiversations. A cause de cela ces deux types sont pour ainsi dire créés pour une symbiose (vie en commun). L'un se charge de la réflexion, l'autre de l'initiative de la vie pratique. Que deux représentants de ces types opposés s'unissent, ils peuvent réaliser une union parfaite. (Il faut ajouter : « tout d'abord » parfaite puisque par la suite les difficultés surgiront si les partenaires ne savent pas assumer courageusement et même avec reconnaissance la «confrontation des types » et s'ils se bornent à ne voir dans le partenaire que leurs faiblesses, leur ombre qui les irritent.) Tant que tous deux sont pleinement absorbés par la lutte pour la vie et par l'adaptation nécessaire aux diverses exigences de la vie extérieure, ils sont vraiment faits l'un pour l'autre. Mais lorsque .. les difficultés de la vie matérielle prennent fin, ils ont alors le temps de s'occuper l'un de l'autre. Jusque-là ils se tenaient dos à dos et se défendaient contre le besoin. Maintenant ils se retournent l'un vers l'autre et veulent se comprendre. et ils découvrent alors qu'ils ne se sont jamais compris, et que même chacun parle une langue différente de celle de l'autre : ainsi débute la confrontation des deux types. Celle-ci tourne rapidement à la dispute ; la lutte est venimeuse, violente et pleine de dépréciations réciproques, alors même qu'elle demeure parfois inapparente, menée très discrètement au plus profond de l'intimité. Car la valeur de l'un est la non-valeur de l'autre. On devrait penser qu'il n'y va que du sens commun, que chacun des partenaires, conscient de ses propres valeurs, devrait pouvoir reconnaître et apprécier en toute quiétude les valeurs de l'autre, et qu'ainsi tout conflit serait superflu. Combien de cas n'ai-je pas vus où l'on s'ingéniait à mettre ces arguments de bon sens en avant, sans parvenir pourtant à un résultat pacifiant. Là où il s'agit d'êtres normaux, une telle phase critique sera franchie presque en se jouant. Car normal est l'individu qui dans toutes les circonstances de la vie -pourvu qu'elles P.103 lui accordent le minimum nécessaire- peut continuer à exister. Mais bon nombre d'individus n'y parviennent pas ; cela montre qu'il n'y a pas tellement de gens normaux. Ce que nous entendons couramment par "homme normal" est , à vrai dire, un homme idéal dont le caractère composé d'un mélange harmonieux est rarement réalisé. La grande majorité des humains plus ou moins différenciés réclament des conditions de vie qui comportent plus qu'une nourriture et un gîte à peu près assurés. Pour ceux-ci la fin d'une relation symbiotique constitue un terrible ébranlement.

. Mais, si nous gardons présent à l'esprit le fait que personne n'est uniquement introverti ou uniquement extraverti, que chacun au contraire possède les deux possibilités d'orientation, dont il n'a développé qu'une en tant que fonction d'adaptation, nous arrivons à supposer que chez l'introverti l'extraversion sommeille quelque part à l'arrière-plan, dans un état léthargique et embryonnaire, et que chez l'extraverti, l'introversion mène une existence crépusculaire analogue. L'introverti a réellement une faculté d'extraversion, mais il n'en a pas conscience, parce que l'attention de sa conscience est toujours centrée sur le sujet. Certes, il voit bien l'objet, mais il en a des représentations fausses, dépréciatives ou inhibitives, de sorte qu'il s'en tient le plus possible à distance, comme si l'objet était quelque chose de puissant et de dangereux.

Exemple de l'excursion à la campagne.

Que s'est-il passé ? Les deux jeunes gens cheminèrent ensemble en une joyeuse symbiose, jusqu'à ce qu'ils arrivent à ce fatal château, Là, l'introverti, dont la réflexion précède l'acte (Prométhée de Spitteler) se prend à dire : « On pourrait essayer de voir ce château du dedans. » L'extraverti, actif et dont l'action précède la réflexion (Epiméthée) entreprend les démarches pratiques nécessaires à l'accès du château. Et on assiste alors à un renversement du type pour chacun. L'introverti qui, auparavant, répugnait à y entrer, ne peut plus se décider à sortir du château ; quant à l'extraverti, il maudit l'instant où il passa le porche. Le premier est dorénavant fasciné par l'objet et le second par ses pensées négatives. Dès que le premier aperçu les manuscrits c'en fut fait de lui, sa timidité disparut, l'objet prit possession de lui et il s'abandonna de bon gré. Le second, au contraire, ressentit une résistance croissante contre l'objet ; et finalement tomba sous la domination de son sujet, c'est-à-dire de lui-même et de sa mauvaise humeur : le premier se transforme en extraverti, le second en un introverti. Mais l'extraversion de l'introverti est différente de l'extraversion de l'extraverti, et de même l'introversion de l'extraverti est différente de l'introversion de l'introverti. Lorsque, au début de leur excursion, nos deux jeunes gens cheminaient ensemble en une joyeuse harmonie, ils ne se dérangeaient pas l'un l'autre, car chacun d'eux était en accord avec son propre naturel. Ils avaient une attitude positive l'un à l'égard de l'autre, la disposition de chacun étant complémentaire de celle de son ami. Ils se complétaient en ce que l'attitude de chacun d'eux englobait, en quelque sorte, le partenaire. Nous le voyons, par exemple, à leur courte conversation devant le portail du château : tous deux sont désireux d'y entrer ; le doute que ressent l'introverti, à savoir s'il est possible ou non de visiter, est valable aussi pour son compagnon ; de même, l'initiative de l'extraverti est valable également pour l'introverti. Ainsi, l'attitude de l'un englobe le cas de l'autre ; cela se trouve réalisé, dans une mesure variable, lorsqu'un individu est dans la disposition qui lui est naturelle, celle-ci étant forcément adaptée, à un degré plus ou moins élevé, à la collectivité. Cela est vrai même pour l'attitude de l'introverti, bien qu'elle trouve toujours son inspiration dans le sujet. La différence, c'est que chez l'introverti le décours mental se fait constamment du sujet à l'objet, tandis que chez l'extraverti, à l'inverse, il se fait de l'objet au sujet.

Mais à partir du moment où, chez l'introverti, l'objet par son importance l'emporte sur le sujet et l'entraîne dans son sillage, l'attitude de l'introverti perd son caractère social, oublie la présence de son ami, il n'englobe plus son existence dans ses préoccupations ; il se noie dans l'objet et ne perçoit plus combien son ami s'ennuie.

De façon concomitante, l'extraverti perd sa faculté d'égard pour autrui à l'instant où, son attente déçue, il se retranche dans ses représentations subjectives et ses humeurs capricieuses.

En conclusion, nous pouvons résumer cet incident .. : chez l'introverti, du fait de l'objet, est apparue une extraversion inférieure, tandis que chez l' extraverti c'est une introversion inférieure qui a remplacée l'affabilité sociale. ..la valeur de l'un est précisément la non-valeur de l'autre.

Des événements positifs ou aussi bien que des événements négatifs peuvent rendre prééminente la fonction P.107 contraire, complémentaire mais inférieure. Une fois cet effet produit, survient de la susceptibilité. ...

A la longue, il ne nous est pas possible de déléguer symbiotiquement le sort d'une partie de notre personnalité à un autre être, de nous décharger d'une partie de nous-même sur un autre ; car à tout instant peut surgir, à l'improviste et nous trouvant cruellement impréparés, le moment où .. nous aurons besoin de notre autre fonction. Or, les conséquences peuvent être graves : l'extraverti- un peu comme si le sol fuyait sous ses pas- perd, en pareilles circonstances, les liens relationnels, pour lui indispensables, qui l'unissent aux objets, et l'introverti ceux qui l'unissent au sujet. En renversant notre perspective, cela revient à dire qu'il est indispensable que l'introverti parvienne à l'action sans être en permanence freiné par des hésitations et des réticences, et que l'extraverti puisse faire retour sur lui-même sans pour cela nuire à sa vie de relation.

.. il s'agit dans l'extraversion et l'introversion de deux attitudes naturelles, réciproquement opposées, ou de deux mouvements en sens contraIre comparables à ce que Goethe a désigné sous le nom de systole et de diastole. Sans doute ces mouvements devraient-ils constituer, dans une succession harmonieuse, un des rythmes de la vie. Mais il semble qu'un art de vie tout à fait consommé soit nécessaire pour parvenir à ce rythme. Ou bien il faudrait être d'une inconscience absolue, de sorte que la loi du déroulement naturel ne pût être troublée par aucun acte conscient ; ou bien il faudrait atteindre à un niveau de conscience beaucoup plus élevé que ce n'est couramment le cas, afin d'être en état de vouloir et aussi d'exécuter les mouvements contradictoires du déroulement naturel. Ne pouvant pas évoluer à reculons, comme pour retourner vers l'inconscience animale, il ne nous reste que la route plus pénible vers l'avant et l'effort vers un niveau de conscience plus élevé. Il est vrai que cette conscience supérieure, qui nous mettrait en état de vivre volontairement le grand Oui et le grand Non de la vie, constitue un idéal absolument surhumain, mais demeure néanmoins un but. Notre mentalité actuelle ne nous permet sans doute que de vouloir le « oui » et de subir tout au plus le « non ». Si tel était déjà le cas il y aurait beaucoup de gagné.

Les problèmes des contraires, en tant que principe inhérent à la nature humaine, forme une nouvelle étape dans le processus de la connaissance. ... P.109

Bienvenu sur notre première application nommé Eros.
Le module Eros est une bonne solution de remplacement à nos gribouillis parfois même de couleur fluo ou rouge dans nos livres qui pourtant nous sont si chère, les rendant ainsi peux partageable.
D'expérience, reformater mes notes sous forme écrite m'est bien plus porteur que de lire et même rechercher le livre ou j'y ai souligné ce que je cherche, celui-ci bien rangé « quelque part ». D'autant qu'il existe pléthore de crayon scanner qui font cela très bien pour nous.


Cette application a été développée en Oxygene pour dot net 4.0 en tant que module de NorpaNetl sous l'excellente base de données FirebirdSQL 2.5.2 par Tetrasys


Eros  est, actuellement, en lecture seul. Dans les futurs évolutions, les utilisateurs authentifié sur adhes.net pourront y partager (s'ils le désir) eux-mêmes leur notes. En attendant, il vous est toujours possible de me faire parvenir votre matériel sous format Excel ou autre, je me ferai un plaisir de les y encoder.