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Meunier

Le personnage folklorique du meunier est très ambivalent.

D'un point de vue naïf, celui du paysan, moudre le blé n'est pas un vrai travail.

Le meunier a l'astuce de faire travailler à sa place l'eau ou le vent.

Le mot grec mêchanê, qui a donné « mécanique », signifie artifice.

Jadis le grain était broyé par des animaux ou des esclaves qui tournaient sans fin une meule de pierre, ce qui représentait un travail terriblement pénible.

L'utilisation de l'énergie hydraulique ou éolienne est l'une des premières inventions humaines. . P.141

Le meunier est donc l'objet tout trouvé d'une projection qui fait de lui un esprit mauvais et un associé du diable.

Mais le moulin est aussi une invention très ingénieuse, qui utilise les énergies naturelles et qui est à la fois créatrice et habile ; de plus, la roue a la forme d'un mandala.

Le meunier sait rendre le blé comestible. C'est pourquoi il est aussi une sorte d'Hermès-Mercure et appartient à la même famille mythologique ..

Le meunier apparaît donc souvent aussi dans un rôle bienfaisant : il emmagasine la farine à l'époque de l'abondance et distribue les réserves en période de disette. Il est le protecteur du pays.

On peut donc dire de lui qu'il possède la qualité mercurielle de la conscience humaine que l'on peut employer au bien comme au mal.

Dans ce récit il se trouve au bout de ses ressources et c'est pourquoi il vend quelque chose au diable ; l'on peut dire qu'il est alors très proche de son ombre.

Bien qu'il agisse à moitié innocemment, dans ce moment de difficulté, quelque chose en lui tombe aux mains du démon.

Cela traduit le mauvais usage que l'on peut faire de la conscience intellectuelle et l'abus éthique de capacités qui ne relèvent pas du domaine de l'éthique ; c'est la tentation à laquelle risque de succomber toute personne intelligente dans un moment de difficulté.

Si vous vous trouvez en difficulté, et que vous soyez honnête, vous avouez avoir besoin d'aide ; mais si vous êtes malhonnête, vous faites appel à de mauvais moyens ; l'intelligence, cette qualité supérieure de la conscience, est alors employée à des fins illégitimes.

Le noud du problème se trouve contenu dans l'abus qui consiste à se sortir d'une difficulté par un artifice conscient.

Ce que nous perdons à ce marché, c'est notre âme ; nous imitons le meunier, qui, pensant ne sacrifier qu'un petit coin de nature, « que » son grand pommier, perd sa fille.

Nous n'avons pas assez conscience de notre légèreté vis-à-vis de la nature et nous vendons ainsi nos âmes au diable, perdant dans ce marché un certain nombre de ressources psychologiques.

En ville, la vue est toujours la même : la lumière électrique, les voitures, les maisons ; il nous manque ces instants revivifiants de réalité - l'impression mystérieuse d'une sombre nuit pluvieuse, la beauté d'un paysage au clair de lune, un ruisseau d'eau claire .- le visage toujours changeant que revêt la nature dans un paysage préservé et de partager les expériences émotives de nos ancêtres, constituantes de l'homme depuis son origine; la pleine lune, le sifflement du vent dans les arbres nous ramènent à l'instinct et à la vie inconsciente de toujours. Il y a là tout un niveau d'émotions qui enrichit nos vies et nous relie à nos forces ancestrales.

La technologie industrielle nous ravit cela et nous ne percevons pas que nous sommes perdants..

Il est nécessaire de nous retremper dans la nature.

Certaines personnes sont assez conscientes pour être émues et gênées par la « mort du pommier », mais le pire n'est pas là, le pire, qui est lié à la perte de l'arbre que nous abattons, est la destruction que cela entraîne de toute la vie de la psyché qui lui correspond - de ces expériences qui appartiennent à l'agencement même de la nature en nous.

Du point de vue du meunier, sa fille représente une partie de son anima - c'est-à-dire cette partie de sa vie affective et émotive - qu'il vend aux forces du mal en renonçant à l'arbre, et qui tombe dans les mains du diable.

Envisagé du point de vue féminin, c'est le tableau d'une femme qui, en raison d'une constellation spécifique de son complexe paternel, est tombée dans la plus P.143 grande détresse, elle est victime de l'attitude de son père.

Si un meunier se trouve dans de pareilles difficultés (vendre sa propre fille au diable parce qu'il est à bout de ressources), cela peut signifier soit que dans une catastrophe collective générale, par une attitude tout à fait asociale, il cherche à sauver sa propre peau aux dépens des autres, soit, si son problème est individuel, que quelque chose ne va pas à son moulin : ou bien il fait payer trop cher la farine ou c'est un mauvais ouvrier ou quelque chose de ce genre.

Dans ce second cas, il devrait se demander la raison pour laquelle son moulin et ses affaires tournent mal, pourquoi il est le seul à souffrir, de quoi il s'est rendu coupable ou quelles lois de la vie il a transgressées.

Dans le conte, il paraît s'agir de la seconde hypothèse et que son problème soit personnel.

Symboliquement parlant, les positions intellectuelles de l'esprit humain ont tendance à s'épuiser ; si on a fait appel pendant trop longtemps à un certain aspect de la conscience, on tombe dans la routine.

La conscience a besoin de durée, de régularité, mais non de monotonie qui peut dégénérer en habitude, et c'est la perte de l'âme.

C'est ainsi que le meunier qui finit par ne plus remplir la fonction pourrait être un professeur, un homme d'affaires, un médecin, un architecte ou qui que ce soit faisant mauvais usage de ses capacités : la fonction supérieure est usée par la routine ; au lieu de moudre la farine, il ne fait plus que ruminer.

Pour une femme, ce pourrait être une infirmière ou une mère devenue une automate au sourire figé, qui apporte la soupe et donne les soins et dont l'efficacité n'est plus qu'une habitude et une technique. Elle met un masque, mais, par-dessous, elle s'ennuie à mourir, ce qui est une maladie due à l'abus de son sentiment extraverti.

Ce n'est donc pas seulement la pensée qui a tendance à s'épuiser, mais toute fonction ou activité mentale qui n'est plus irriguée par la vie.

Alors apparaît le moment diabolique où le meunier, au lieu de regarder en face sa pauvreté et de découvrir l'importance du pommier ou de quelque chose d'analogue, veut continuer dans la même voie ; ce faisant, il vend sa propre âme et celle de sa fille.

Il fait le mauvais choix.

Il faudrait être plus souple et plus courageux, capable de voir et d'assumer le fait que la situation est en train d'évoluer vers une crise, en se posant la question : quelles sont les autres possibilités offertes par la vie ?

Si, au lieu de cela, on persiste à vouloir continuer dans la même voie, on vend au diable ses propres ressources psychologiques.

Si un homme se comporte ainsi, son anima et son éros dégénèrent.Aussi, sa fille n'a pas été nourrie par la fonction d'éros, le sentiment de son père et n'étant pas satisfaite au plan affectif, un animus démoniaque, un intellectualisme destructeur, sous une forme ou une autre, risque de prendre possession d'elle. P.145

Bienvenu sur notre première application nommé Eros.
Le module Eros est une bonne solution de remplacement à nos gribouillis parfois même de couleur fluo ou rouge dans nos livres qui pourtant nous sont si chère, les rendant ainsi peux partageable.
D'expérience, reformater mes notes sous forme écrite m'est bien plus porteur que de lire et même rechercher le livre ou j'y ai souligné ce que je cherche, celui-ci bien rangé « quelque part ». D'autant qu'il existe pléthore de crayon scanner qui font cela très bien pour nous.


Cette application a été développée en Oxygene pour dot net 4.0 en tant que module de NorpaNetl sous l'excellente base de données FirebirdSQL 2.5.2 par Tetrasys


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