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LA COLERE JUSTE :

Dans le monde animal, l'autodéfense, l'agression et la peur dominent toute une partie de la vie et, pour notre part, nous n'en sommes pas exempts.

Les dieux étant des représentations de complexes généraux, Arès-Mars est l'image de l'instinct d'agressivité et d'autodéfense tels qu'ils existent dans la nature.

Chaque dieu archétypique représente une charge dynamique et explosive relativement autonome et, par suite, incontrôlée, et à ce stade, incontrôlable, aussi les dieux sont-ils toujours un peu en-dessous ou en deçà du but par rapport au niveau humain.

Renoncer à un affect est aussi difficile que de renoncer à n'importe quel symptôme névrotique. Un affect violent nous soulève au-dessus de nous-mêmes et nous donne un sentiment de puissance .

Une question d'ordre éthique se pose .. : y a-t-il des situations où il est juste de céder à la colère ? La réponse est intimement liée à la vision du monde la plus profondément ancrée en chacun de nous.

Ainsi, du point de vue chrétien, ce n'est généralement pas considéré comme licite, puisque le disciple du Christ devrait être charitable en toute circonstance, rendre le bien pour le mal et, souffleté sur une joue, tendre l'autre. Cependant, le droit à la « légitime défense » y a été habituellement admis.

Sur le plan collectif, l'idée de « sainte colère » fut également acceptée, comme on le vit par exemple aux Croisades ou lorsqu'il s'agissait de la « défense de la foi ».

Lorsqu'un peuple se trouve injustement attaqué, on admet qu'il se soulève pour se défendre. A plus forte raison, quand il s'agit de combattre un mal collectif tel que le nazisme, le droit à l'indignation et la « sainte colère » est évident.

Cependant la colère, même justifiée, porte à des excès, et peut servir de prétexte et d'excuse à tous les abus et aux injustices les plus inhumaines.

Sur le plan individuel, nous avons droit à une certaine autodéfense et il est des cas où parler haut et net et taper sur la table est la seule façon de faire cesser une situation émotive qui monte et se gonfle de soi-même.

On en revient toujours à cette question : qui est celui qui se met en colère ? Si c'est un sujet généralement équilibré et bienveillant et qui cherche la vérité intérieure, sa colère sera généralement proportionnée à sa cause et se produira au bon moment.

Le droit de se défendre et notre réponse au problème éthique que pose l'instinct d'agressivité sont en réalité le fruit de notre philosophie de la vie et de nos convictions intimes. Ce choix dépend, en dernière instance, de l'idée que nous nous faisons (consciemment ou non) de Dieu. Si Dieu, à nos yeux, n'est que bonté, le choix est clair ; si, au contraire, nous acceptons aussi bien sa face sombre que P.113 sa face lumineuse, l'agressivité, la « noirceur » revêtiront aussi un sens et on en déduira qu'il peut être permis d'user suivant l'instinct de nos griffes et de nos dents, en cas d'attaque injuste dirigée contre nous-mêmes ou contre autrui.

Exemple de conflit d'ordre psychologique: un jeune homme bien élevé et « comme il faut » s'évertue à se conduire de façon raisonnable. Le moment arrivera où il déclarera qu'il est adulte, qu'il désire sortir avec une jeune fille de son choix et prendre un studio. Mais voilà que sa mère n'accepte pas les faits .. tentera par tous les moyens de le retenir, préférant le détruire plutôt que de le laisser se libérer d'elle. N'est-il pas, dès lors, en droit de tenir bon, même si elle lui reproche sa cruauté ? Pour tout observateur extérieur et objectif, il est clair qu'il s'agit pour lui d'une question de vie ou de mort et que, s'il n'y a pas moyen d'agir autrement, il a le droit de se montrer rude dans la lutte qu'il aura à soutenir, même s'il n'est pas nécessaire qu'il en devienne berserk et agisse comme un ours enragé. Cependant, au cour de sa personnalité la plus profonde, quelque chose se dressera, car l'affrontement ne pourra pas - et ne devra pas - être évité.

Si des individus n'ont pas la conviction intime de leur droit à la vie et que l'on ne parvienne pas à l'éveiller en eux, il est très difficile de les aider par une analyse.

Il existe donc quelque chose comme le droit à l'autodéfense et à la contre-offensive lorsqu'il s'agit d'éviter d'être terrassé par l'animus ou l'anima négatifs, ou tout autre mal qui rôde autour de soi ; celui qui en est tout à fait incapable est réellement malade.

Moïse n'eut pas d'autre moyen de libérer Israël de l'esclavage que d'appeler du ciel les sept plaies sur l'Egypte et, lorsqu'il chassa les marchands du temple, le Christ se prêta à un affect, et le sentiment que traduit le récit évangélique est que cet affect intervint de façon juste. Le Christ ne fut pas « doux comme un agneau » autant qu'on l'a prétendu, d'autres textes le confirment, comme lorsqu'il déclare avoir apporté « l'épée et non la paix », ou que le péché contre l'Esprit n'obtient pas de pardon.

Un monde où l'on n'admet rien de rude ne correspond pas à la réalité de la vie, et c'est ici que nous touchons à un problème typiquement féminin.

Plus une femme est féminine, moins son animus est agressif et plus la vie a tendance à rouler par-dessus elle. Chacun connaît probablement de ces douces filles qui ont toujours fait ce que souhaitaient papa et maman et qui ne se sont jamais mariées.

La femme de ce type, toute de bonté et de féminité, se laisse ni plus ni moins tuer, écraser, et se retrouve flouée par l'existence.

S'il n'est pas juste pour une femme de copier l'homme, il est tout aussi mauvais qu'elle soit trop unilatéralement féminine, car elle risque de se retrouver en marge de la vie et d'être incapable de l'affronter. C'est pourquoi ce monde maternel, dans lequel tout est si aimable et si douillet et où les roses sont sans épines, a grand besoin d'un ours ! Il vient dans la rudesse de l'hiver. Il a un bon naturel et se montre doux avec les fillettes et pourtant, lorsqu'il capture le nain, il n'hésite pas à le tuer d'un seul coup de patte. Sans être inutilement P.115 agressif, il sait quand, ayant atteint la fin de son épreuve, le moment est arrivé de passer à l'action et d'en terminer une fois pour toutes avec une situation absurde. Le tournant de l'histoire se situe au moment où l'ours, saisi d'une juste colère, supprime le nain envers qui les fillettes se sont montrées trop sentimentales.

Il s'agit ni plus ni moins, dans ce conte, du problème de l'intégration du côté masculin, des qualités viriles, au monde féminin. Toute la difficulté consiste à le faire de la façon juste, sans aller trop loin, ce qui reviendrait à tomber dans l'extrême opposé et à prendre non les qualités, mais les défauts masculins. Ainsi, une femme qui s'éveille après avoir été trop passive, trop douce et « féminine », encourt le risque, lorsque son autre côté s'éveille, de se montrer subitement trop agressive par compensation.

Cela vient de ce que personne ne parvient à frapper le centre d'une cible du premier coup, sans s'y être exercé : on manque d'abord largement le but.

Cela explique les exagérations caractéristiques qui surviennent chaque fois qu'un défaut d'agressivité ou une adaptation insuffisante viennent à être remplacés par des éclats affectifs et autres attitudes désagréables. C'est comme lorsque l'on ouvre un barrage : ce qui a été longtemps retenu et refoulé commence à se précipiter avec violence avant de s'apaiser et de trouver son cours normal.

L'attitude juste consiste à éviter de tomber d'un excès dans l'autre et, de femme trop douce et sans personnalité, de devenir une sorte d'homme caricatural, qui s'impose, tranche de tout, est super-intellectuelle et trop ambitieuse, etc.

Rester femme tout en intégrant son animus, les qualités viriles qui sont en chaque être humain est un art aussi difficile que, pour l'homme, d'intégrer son anima.

L'ours représente ici une réaction équilibrée : il n'est habituellement ni de mauvaise humeur, ni coléreux, alors que le nain, lui, s'excite sans cesse jusqu'à être dans un état d'irritation constante. L'ours tue simplement son ennemi mortel lorsqu'il en a l'occasion, ce qui est à l'opposé de la faiblesse vindicative et exaspérante manifestée par le nain. P.117

Dans une structure matriarcale comme celle du début de ce conte, l'ours mâle figure évidemment un aspect de l'animus qui s'oppose au nain.

Si, dans un contexte masculin et patriarcal, il représente l'état berserk et la colère froide, dans le contexte féminin, il représente l'instinct viril agressif correctement P.119 vécu : il sait pour quelle raison il agit et le fait sans les hésitations ni la faiblesse dues à l'incertitude.

Si l'on sent que, dans une situation donnée, l'attitude agressive est juste, il n'est nul besoin de hurler : la colère se transforme et le calme s'instaure, et l'on agit sans hâte superflue : la colère a été intégrée.

Transposé sur le plan psychologique, cela signifie qu'une attitude plus adulte et plus adaptée a mûri chez ces jeunes filles, et qu'elles sauront désormais conduire leur vie avec suffisamment d'assurance et de confiance en elles pour trouver leur épanouissement ; une saine réaction instinctive ayant écrasé en elles leurs humeurs infantiles et négatives, elles seront capables de rencontrer le prince.

Bienvenu sur notre première application nommé Eros.
Le module Eros est une bonne solution de remplacement à nos gribouillis parfois même de couleur fluo ou rouge dans nos livres qui pourtant nous sont si chère, les rendant ainsi peux partageable.
D'expérience, reformater mes notes sous forme écrite m'est bien plus porteur que de lire et même rechercher le livre ou j'y ai souligné ce que je cherche, celui-ci bien rangé « quelque part ». D'autant qu'il existe pléthore de crayon scanner qui font cela très bien pour nous.


Cette application a été développée en Oxygene pour dot net 4.0 en tant que module de NorpaNetl sous l'excellente base de données FirebirdSQL 2.5.2 par Tetrasys


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