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Hystérie:

La découverte de l'inconscient et la validation de l'hystérie sont théoriquement interdépendantes.

On remarquera que l'hystérie considérée si longtemps comme une maladie exclusivement féminine, a fourni le point de départ de la psychanalyse, et on notera le singulier mélange entre femme, hystérie, « fantasme » sexuel et analyse fait jusqu'à nos jours; la répondérance des femmes dans l'analyse, la femme comme source principale du « matériel clinique », la manière dont l'analyste " suit " des femmes, les « fantasmes » sexuels supposés être à la racine de l'hystérie et les « fantasmes » de transfert supposés être à la racine de la psychanalyse.

Quel archétype se trouve derrière l'hystérie ? Quelle 'weltanschauung ' d'une puissance surhumaine pouvait bien se manifester, vers la fin du siècle passé, par ces phénomènes nommés absence, transe, arc de cercle, érotisme religieux, conversions de symptômes psychiques en symptômes physiques - phénomènnes qui surgirent de la manière la plus soudaine, et qui disparurent de même ? Et pourquoi les femmes?

Du temps d' Hippocrate, il est declaré que l'utérus est « la cause de 600 maux et d'innombrables soufrances ». Maladie de la matrice l'hystérie ne pouvait exister que chez les femmes.

On conçevait la matrice comme animée de mouvements propres et peut-être autonomes, et donc comme une « créature vivante » ou « animale ».

L'hystérie résultait de l'effett du désir animal chez la femme ; c'était une maladie dans laquelle l'animalité autonome dominait l'être humain, séparant la femme de son pneuma, de son souffle, de ses esprits, la ravalant à la bestialité de sa matrice.

L'infériorité féminine prit un autre caractère lorsque l'hystérie devint un problème scientifique et séculier.

La sorcière n'est plus, à présent, qu'une pauvre patiente - non plus méchante, mais malade. La nature de la femme demeure aussi coupable, et même davantage. On ne cherche plus l'étiologie de la maladie dans des forces sataniques mais dans la matrice, dans la structure féminine elle-même : sa physiologie est défectueuse.

La sorcière, après tout, pouvait être sauvée par Dieu. La foi pouvait restaurer sa féminité. La conception médiévale de l'hystérie en fait effectivement une maladie fondamentalement religieuse, une crise de la foi.

' Le Malleus Maleficarum' (1494) faisait dériver le mot 'femina' de 'fe' (foi) et 'minus' (moins) : la femme avait moins de foi que !'homme ce qui rappelle la question : La femme a-t-elle une âme ?

L'insuffîsance de la foi du Malleus Maleficarum se transforma avec Moebius en constitution débiIe, en défaut psychophysiologique inné, en faiblesse d'esprit.

Ce défaut de constitution fut tout particulièrement associé à la sexualité de la femme. Il y a moins d'un siècle,le traitement allait jusqu'à l'ovariectomie et la cautérisation du clitoris. 0n cherchait encore la source de l'hystérie, dans la matrice de la femme, sur laquelle, on pratiquait des agressions chirurgicales .

Quel type de conscience l'hystérie implique-t-elle?

Dionysos, est principalement un dieu de femmes , son culte leur étant surtout réservé. Bien qu'il soit mâle, phallique, sa structure de conscience ne comporte aucune misogynie car elle n'est pas séparée de sa propre féminité.

Dionysos "d'après une de ses épithètes... est... "homme et femme" en une personne. Il était bisexué dès l'origine, et non pas seulement dans la forme "efféminée" de ses représentations tardives."

Cette figure de dieu et l'esprit qui l'anime sont en mesure de donner une forme à la conscience qui lui permette enfin de s'écarter de la ligne suivie depuis Adam et Apollon.

L'image récurrente peut alors se transformer.

Dans le changement manifesté par Dionysos, la femme n'est pas ajoutée ou intégrée à l'homme ; ce dieu figure plutôt une conscience androgyne, où fondamentalement, homme et femme sont unis.

La coniunctio n'y est pas une acquisition, mais une donnée. Ce n'est pas un but à rechercher, mais une possibilité à priori, toujours présente, pour tous.

En fait, la quête de la coniunctio, comme dans le cas d' Apollon poursuivant Daphné, porte en elle son propre échec puisqu'elle hyperactive le mâle, amenant une régression végétative de la psyché, et Daphné dans le laurier.

Il est possible de mener une réflexion sur cette pulsion dionysiaque dans l'hystérie.

Freud dans "Les Fantasmes hystériques et leur relation à la bisexualité " fait cette déclaration étonnante : « Un symptome hystérique est l'expression, d'une part d'un fantasme sexuel inconscient masculjn, d'autre part d'un fantasme sexuel inconscient féminin. »

Freud laisse donc entendre que le symptôme hystérique est l'expression d'un message émanant d'un archétype bisexué.

Sommes-nous en droit de dire que chaque symptôme de ce type peut être considéré comme une préformation de l'hermaphrodite - non seulement au niveau auquel le prend Freud, pour qui masculin signifie « actif » et féminin « passif », mais en comprenant que, dans ce symptôme même, se trouve préformée la coniuctio ?

Le symptôme devient une offrande votive, un élément permettant de s'acquitter de sa dette envers la dominante bisexuée, le dieu de sa propre bisexualité.

Aujourd'hui, ce sont nos symptômes qu'il nous faut apporter aux dieux, car ce que nous leur dédions devient par la même sacré.

Si l'on conçoit les symptômes comme un sacrifice, ils acquièrent un sens nouveau et gagnent en âme.

Nos afflictions et nos troubles psychopathologiques évoquent le côté féminin à la fois comme support, comme souffrant et comme ce qui soigne cet être souffrant et infantile.

Le côté féminin est aussi promesse de joyeux abandon à ces phénomènes et mène donc à la délivrance à travers eux.

La sacralisation de ces afflictions les relie à nouveau à l'archétype qui nous atteint à travers les symptômes et les phénomènes psychopathologiques.

En bref, l'approche dionysiaque, ne scinderait pas la bisexualité présente dans le symptôme et ne tenterait pas d'abstraire la conscience de la souffrance, d'extraire la lumière active et masculine de la douleur passive, ce qui revient en effet à diviser la totalité bisexuée, en ravisant le « connaisseur » masculin au détriment du « connu » féminin.

Cette approche permettra donc de dépasser une thérapie analytique qui viserait à transformer la bisexualité du symptôme ou de la fantaisie. Elle n'analysera pas l'ambivalence interne d'un complexe qui, paradoxalement, résiste tout autant à une interprétation qu'elle la réclame.

En d'autres termes, ce seul exemple montre que la conscience formée grâce à une approche dionysiaque fournit un point de vue tout a fait différent, non seulement sur l'hystérie, mais sur la ...pratique de la psychologie thérapeutique ...

Bienvenu sur notre première application nommé Eros.
Le module Eros est une bonne solution de remplacement à nos gribouillis parfois même de couleur fluo ou rouge dans nos livres qui pourtant nous sont si chère, les rendant ainsi peux partageable.
D'expérience, reformater mes notes sous forme écrite m'est bien plus porteur que de lire et même rechercher le livre ou j'y ai souligné ce que je cherche, celui-ci bien rangé « quelque part ». D'autant qu'il existe pléthore de crayon scanner qui font cela très bien pour nous.


Cette application a été développée en Oxygene pour dot net 4.0 en tant que module de NorpaNetl sous l'excellente base de données FirebirdSQL 2.5.2 par Tetrasys


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