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Sacrifice:

Il est devenu un concept moral. Il est passé de l'émotion religieuse collective à l'austérité d'un acte du moi.

Jadis le sacrifice emportait l'homme dans l'enthousiasme et Ia terreur, aujourd'hui iI le mettrait en jugement...

L'amour, la pensée, l'action, se développent selon une loi draconienne où chaque nouvelle forme bouleverse ou détruit la précédente.

Ce passage se fait par la contradiction et le manque, non d'une façon tranquille et homogène.

Pourtant, est-ce encore un sacrifice, avec ses connotations dramatiques et torturantes, lorsque la rupture apparaît au terme d'une prise de conscience, lorsque son sens est inscrit dans sa nécessité même ?

La souffrance ne résulte pas d'une soumission à priori mais de la perception d'une poussée nouvelle... les arachements sont imposés par le mouvement de la vie qui va vers des investissements différents; alors que le sacrifice semble se référer à un impératif supérieur et reposer sur la volonté du sujet.

Relier la maturation aux modalités de la perte, c'est privilégier l'aspect négatif alors qu'il s'agit, finalement de guérison et de libération ... regarder la vie à travers ce qu'elle coûte, n'est ce pas sous l'empire de la Mauvaise mère?

Le sacrifice n'est pas toute espèce de suppression, renoncement volontaire... nous avons affaire à un rituel si répandu et si important qu'il ne suffit pas de conclure que le conscient n'est plus concerné aujourd'hui ; il y a à se demander ce qu'est devenu le processus inconscient qui s'y projetait jadis.

Le sacrifice se définit par son intentionnalité. Ce n'est pas n'importe quelle immolation, rnais celle qui «fait du sacré».

L'onction de beurre et de sang "engraisse" non pas la statue ou l'autel, mais un ordre symbolique ( un ensemble où des images archétypiques soutiennent et organisent une conscience collective )

La vie sociale a besoin d'images et d'idées pour fonder les rapports socio-économiques et pour donner un cadre et un sens aux existences individuelles.

Le rôle de la politique est de veiller aux symboles de la cité. Car ceux-ci risquent toujours de perdre leur force et se défaire par l'érosion des soucis de la vie quotidienne et sous l'action divergente des intérêts.

Il faut régulièrement célébrer l'ordre symbolique, c' est-à-dire recentrer les forces et investir à nouveau cette réalité nécessaire à la survie de tous mais qu'on perçoit moins directement que la faim, le froid ou la rivalité.

La célébration est à la fois orgasme et sacrifice.

Elle est éclatement dans le réel de la force du mythe et la destruction de la vie ordinaire pour en transférer le prix au symbole.

Le sacrifice active un système de représentations et de cohésion sociale en déplaçant sur lui ce qui était investi dans des satisfactions immédiates.La libido est détournée...

Cela suppose toujours une certaine violence. Même l'offrande d'une cruche de lait.

Il faut s'en déposséder, abandonner l'usage qu'on aurait pu en faire.

Il y a une rupture et en étudiant le sacrifice on découvre à quel point un transfert de libido comporte de violence.

Les rites sacrificiels mettent en oeuvre des capacités de rupture, mais l'intentionnalité du sacrifice ne consiste pas à métaboliser l'agressivité (sa pratique n'empêche pas de faire la guerre) .

Quand une société, comme la nôtre, n'a plus de rituel sacrificiel, tout se défait.

Les forces destructrices sont lachées parce qu'il n'y a plus de sens.

Ceci nous montre le fondement du sacrifice : l'homme abandonne des satisfactions possibles ou assurées pour investir à leur place un ordre syrnbolique qui le protège du chaos. Ainsi, on paie pour qu'il y ait du sens.

Que le système soit fécond et le sacrifice le sera aussi, qu'il soit destructeur et le sacrifice épuisera en vain les ressources du pays.

L'efficacilé, et la rentabilité, dépend de la valeur du système symbolique.

Le fait sacrificiel nous place devant une impressionnante exigence : le coût du sens.

Le sacrifice à travers I'histoire:

Les satisfactions qu'il est supposé procurer ( appellées les bénédictions des dieux) ne sont pas assurées.

Le sacrifice ressemble au travail.

Il est un investissement différé, un risque qui demande un sujet assez fort pour en supporter la tension.

Le sacrifice n'est pas seulement une perte, mais le moyen d'une métamorphose. Il entraîne une activation de l'inconscient..

Il est un mode d'acquisition.

Cela peut sembler paradoxal, puisqu'on sacrifie ce qu'on a déjà, mais le sacrifice institue la victime.

Chaque société choisit l'objet qui est, pour elle, le plus significatif.

La victime est à la jointure de l'ordre symbolique et du réel.

Dans le christianisme, la victime étant Dieu et Homme, le sacrifice chrétien devient le moyen de la divinisation, si on consent à s' assimiler à cette victime en s'immolant soi-même.

Le sacrifice du Christ reproduit, commémoré dans un sacrement, n' envahissait pas la subjectivité du croyant, et se contentait de Iui imposer certaines règles de conduite.

Avec les mystiques de la fin du Moyen Age et la maxime paulinienne « accomplir en soi-même ce qui manque à la passion du Christ» s'empare de chacun.

Le sacrifice devient alors de plus en plus une morale. Se «mortifier» est le moyen de la perfection. C'est le sacrifice pour acquérir.

La victime est prise,(en face d'un Dieu...) par la nécessité de se sacrifier pour être.

L'intentionnalité du sacrifice est pervertie. Il ne s'agit plus de nourrir les dieux mais de se nourrir du sacrifice.

Le but est devenu la transformation de la victime et Dieu est maintenu vivant par le détour de ce service.

La contrepartie du changement de centre dans le sacrifice chrétien est une accentuation considérable de la référence à la colère et à la justice.

Habituellement, les dieux qui réclament des victimes et que l'on doit apaiser manifestent par là leur bonne vitalité. Ils sont proches des humains.

Dans le christianisme, c'est différent.

Il y a une faute à l'origine et le Christ meurt pour la racheter.

Cela ne témoigne pas de la vitalité de Yahveh mais de l'importance de l'homme. Il est à l'origine, il est cause.

De son fait, la mort est entrée dans le monde.

Les sentiments de culpabilité sont pour chacun une façon de s'approprier l'événement.

En cela le sacrifice personnel est parallèle à la culpabilité. Le moi est au centre, il est le pivot de l'économie.

Quand il n'est pas inspiré par un amour mystique et relève du discours moral, le sacrifice chrétien est bien une manière de renverser le processus et de centrer tout sur l'homme.

Bienvenu sur notre première application nommé Eros.
Le module Eros est une bonne solution de remplacement à nos gribouillis parfois même de couleur fluo ou rouge dans nos livres qui pourtant nous sont si chère, les rendant ainsi peux partageable.
D'expérience, reformater mes notes sous forme écrite m'est bien plus porteur que de lire et même rechercher le livre ou j'y ai souligné ce que je cherche, celui-ci bien rangé « quelque part ». D'autant qu'il existe pléthore de crayon scanner qui font cela très bien pour nous.


Cette application a été développée en Oxygene pour dot net 4.0 en tant que module de NorpaNetl sous l'excellente base de données FirebirdSQL 2.5.2 par Tetrasys


Eros  est, actuellement, en lecture seul. Dans les futurs évolutions, les utilisateurs authentifié sur adhes.net pourront y partager (s'ils le désir) eux-mêmes leur notes. En attendant, il vous est toujours possible de me faire parvenir votre matériel sous format Excel ou autre, je me ferai un plaisir de les y encoder.