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Dionysos -type de conscience:

Bien qu'il soit mâle, phallique, sa structure de conscience ne comporte aucune misogynie, car elle n'est pas séparée de sa propre féminité.

Dionysos « d'après une de ses épithètes... est... ."homme et femme" en une personne. Il était bisexué dès l'origine, et non pas seulement dans la forme "efféminée" de ses représentations tardives ».

Cette figûre de dieu et l'esprit qui l'anime sont en mesure de donner une forme à la conscience qui lui permette enfin de s'écarter de la ligne suivie depuis Adam et Apollon.

L'image récurrente peut alors se transformer. Dans le changement manifesté par Dionysos, la femme n'est pas ajoutée ou intégrée à l'homme ; ce dieu figure plutôt une conscience androgyne, où fondamentalement, homme et remme sont unis.

La coniunctio n'y est pas une acquisition, mais une donnée. Ce n' est pas un but à rechercher, mais une possibllité à priori, toujours présente, pour tous.

En fait, la quête de la coniunctio, comme dans le cas d'Apollon poursuivant Daphné, porte en elle son propre échec puisqu'elle hyperactive le mâle, amenant une régression végétative le la psyché, et Daphné dans le laurier.

Le point de vue analytique tend à créer des divisions entre conscient et inconscient, guérison et névrose, individu et colJectivité, et même entre éros et psyché. Son but peut bien être Ia synthèse, ses moyens et ses méthodes sont pourtant la séparation.

La conscience dionysiaque procède différemment. Un des noms de Dionysos était " l'Indivisé ", et une de ses représentations principales le montrait en enfant.

Une perspective dionysiaque de la thérapie n'exclurait pas l'enfant au nom de la maturité, puisque l'enfant est la synthèse même.

L'enfantin ne doit pas être écarté, mais au contraire maintenu dans la conscience pour préserver « I'un et I'autre à Ia fois ». En outre, une affection psychique ne se diviserait pas en un aspect sain et un aspect malade, exigeant par là même un guérisseur et un patient. Elle ne serait pas séparée de son propre potentiel de guérison, qui se constelle dans la sourrrance et la puérilité. La souffrance déchirée et rendue, plutôt que guérie par la médecine d'Apollon, devient une initiation au cosmos de Dionysos.

Cbanger de dieu n'est pas seulement changer de point de vue.

Les dieux ne sont pas des êtres qui régneraient chacun sur une zone d'activité humaine différente. Ils sont les voies à travers lesquelles l'univers se révèle.

Chaque archétype pénètre la conscience, si bien qu'il éclaire celle-ci de la lumière d'un monde différent.

Chaque cosmos que chaque dieu apporte avec lui n'exclut pas les autrest, pas plus que ne s'excluent mutuellement les structures archétypiques de la conscience, et leur manière d'être au monde. Mais plutôt, les unes sont nécessaires aux autres, de même que les dieux font appel les uns aux autres. Ils s'ajoutent et se complètent.

N'appartenir qu'à un seul dieu, un seul cosmos, une seule façon d'être-au-monde est en soi une forme , d'hybris, qui refuse l'influence réciproque des exigences des dominantes.

Évoquer Dionysos fait lever une volée d'ombres. Ces ombres font naître l'angoisse ; on calme les angoisses à l'aide de rationalisations qui se transforment en préjugés.

Notre crainte et nos préjugés montrent avec quelle force le moi résiste et tient à sa structure apollinienne.

Dionysos était le dieu de la folie, et même le dieu fou. La structure de Dionysos ne devrait-elle donc pas nous éclairer sur le cosmos de la folie, tel que le voit sa propre conscience ?

La deuxième ombre suscitée par Dionysos est plus noire. Elle évoque le spectre de Wotan , les diables, les démences païennes et la destruction de la culture.

L'évocation de Dionysos projette une troisième ombre. Son culte est surtout l'affaire des femmes.

Les femmes comme notre image constante de l'infériorité féminine ne cesse de nous en convaincre, sont instables, faibles d'esprit et de substance médiocre. Il faut donc que leur dieu soit également inférieur.

Tout Ie dionysiaque n'est pas fou, et tout ce qu'on appelle fou n'est pas dément. La folie liée à l'enthousiasme rituel doit être clairement séparée de la maladie et de la démence.

Cette folie, selon Platon, est bénéfique et même admirable.

Sans initiation à la conscience dionysiaque, le dieu ne nous parvient qu'à travers ses ombres : Wotan et le Diable chrétien. (Ne pas perdre la conscience de la présence de l 'archétypique dans le comportement qui donne un sens a la folie...)

En abordant le dionysiaque, Dodds déclare : « ... se souvenir qu' orgia ne signifie pas orgies mais actes de dévotionn, et que bacheuein ne signifie pas festoyer mais connaitre une forme particulière d'expérience religieuse. »

Dionysos est fils de Zeus; il représente le renouvellement du dieu suprême à travers son fils le plus physique et cependant psychologique, et son culte fut centré sur l'enfant, le mystère de l'allaitement et de la naissance psychologique à travers les profondeurs du monde souterrain, depuis les temps les plus reculés.

On trouve Dionysos comme force divine aussi bien que comme domestication de la nature vivante. Impulsion et inhibition vont de pair...

La vie animaIe n'est pas puissance sans restriction, mais auto-régulation. Elle a pour frontières à la fois Ie territoire et le comportement.

En Dionysos, les limites font se rejoindre ce qu'elles ont à nos yeux coutume de séparer. Le philosophe est aussi un amant...

A chaque apparition de Dionysos, selon Kerényi, la « limite » se manifeste aussi. Il régit Ies confins de notre géographie psychique.

C'est là le lieu de la danse dionysiaque : ni ceci, ni cela, mais une ambivalence - ce qui laisse penser également qu'à chaque apparition de l'ambivalence correspond une possibilité de conscience dionysiaque.

L'énergie vitale, comme l'enfant, a besoin d'être nourrie. L'expérience dionysiaque transforme les femmes, non pas en hystériques et en rebelles délirantes, mais en mères nourricières.

ElIes deviennent nourrice du naturel, allaitent toute vie... maintenant en vie l'animal aussi bien que l'enfant...

Selon Rohde, la signification majeure de Dionysos réside dans sa relation avec les profondeurs de l'âme :

Dionysos, Seigneur des Ames.

Les phénomènes horribles jouent un rôle spécial dans le développement de l'âme. L'horrible dans le culte peut se comparer au rôle du grotesque, de l'obscène et de l'horrible dans l'art de la mémoire. Ces aspects psychopathologiques sont des moyens particuIièrement efficaces pour entrer en contact avec l'archétype. Ils font apparaître le niveau émotionnel et instinctuel de la psyché. 0n ne doit pas Ies prendre Iittéralement mais plutôt comme des « histoires d'épouvante » qui font partie de Ia totalité du processus psychique.

Héraclite l'a souligné: l'obscénité et la folie du culte de Dionysos s'expliquent et se justifient moralement, à cause de l'identification de Dionysos à Hadès, le principe invisible de l'existence psychique qui « repose » sous le monde visible.

L'« horreur » existe donc pour le bien de I'âme, dont les dominantes subconscientes ( les seigneurs des profondeurs) sont Hadès, Dionysos et Perséphone.

Tous ces aspects qui nous effrayent tant doivent être considérés sur un arrière-plan psychique approprié, non pas pour les rendre moins terrifiants ou moins fous, mais pour placer la peur et la folie dans le contexte exact.

Si Dionysos est le Seigneur des Ames, il est l'âme de la nature, son intériorité psychique.

Dionysos implique la mort et la conscience bisexuée.

Le moi dionysiaque doit exprimer la bisexualité.

L'image bisexuée d'une conscience idéale apparait sous de multiples apparences. Nous la distinguons dans les concepts mystiques d'un être humain androgyne et d'un Adam androgyne. Nous la trouvons dans la coniunctio alchimique de Jung. Nous la remarquns encore dans les descriptions biologiques que Portmann a faites de l'organisme a l'état de germe, le montrant hermaphrodite et non différencié sexuellement

Le passage de la conscience apollinienne à la conscience

dionysiaque ne serait ni un acte de volonté, ni une

conversion, ni un saut initiatique « de l'autre côté », mais

cette conscience nouvelle nous pénétrerait au fur et à

mesure que nous nous approcherions de notre propre

bisexualité.

Bienvenu sur notre première application nommé Eros.
Le module Eros est une bonne solution de remplacement à nos gribouillis parfois même de couleur fluo ou rouge dans nos livres qui pourtant nous sont si chère, les rendant ainsi peux partageable.
D'expérience, reformater mes notes sous forme écrite m'est bien plus porteur que de lire et même rechercher le livre ou j'y ai souligné ce que je cherche, celui-ci bien rangé « quelque part ». D'autant qu'il existe pléthore de crayon scanner qui font cela très bien pour nous.


Cette application a été développée en Oxygene pour dot net 4.0 en tant que module de NorpaNetl sous l'excellente base de données FirebirdSQL 2.5.2 par Tetrasys


Eros  est, actuellement, en lecture seul. Dans les futurs évolutions, les utilisateurs authentifié sur adhes.net pourront y partager (s'ils le désir) eux-mêmes leur notes. En attendant, il vous est toujours possible de me faire parvenir votre matériel sous format Excel ou autre, je me ferai un plaisir de les y encoder.